Urgences pédiatriques de Voiron : une «priorité», mais aucune promesse
SUR LE VIF | Plusieurs dizaines de personnes étaient présentes devant le pavillon Dauphiné du CHU Grenoble-Alpes, siège de la direction, ce mardi après-midi. Objectif : protester contre la fermeture nocturne des urgences pédiatriques de l’hôpital de Voiron depuis le début du mois de mai, et proposer des solutions pour une réouverture rapide. Une délégation a été reçue par la directrice générale adjointe du CHUGA. Celle-ci a affirmé que cette réouverture était une « priorité absolue »… sans faire la moindre promesse.
Les prises de parole se sont enchaînées devant l’entrée de la direction du CHU Grenoble-Alpes, ce mardi 19 mai à partir de 14 heures (on y reviendra dans un autre article). Praticiens hospitaliers, pédiatres, infirmières puéricultrices, syndicalistes, élus, citoyens : toutes et tous ont réaffirmé leur détermination à voir rouvrir les urgences pédiatriques voironnaises et, plus largement, à améliorer les conditions de travail sur le site de Voiron. Afin, aussi, de pouvoir rouvrir 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 les urgences adultes.
Une délégation de 10 représentants a été reçue par la direction générale du CHUGA. Elle était composée de quatre syndicalistes, deux infirmières puéricultrices du service de pédiatrie, deux médecins pédiatres et deux médecins du syndicat des médecins. Au bout d’une heure d’entretien, c’est Claire Ara-Somohano, secrétaire générale du Syndicat national des médecins hospitaliers (SNMH/FO), qui a repris le micro devant le bâtiment.
« Nous a été reçus par la directrice générale adjointe, la direction des affaires médicales, le directeur délégué de Voiron, le directeur de pôle et la DRH, la direction des ressources humaines. Avec une attention réelle. La directrice nous a expliqué que la priorité absolue, c’était de rouvrir les urgences. » La médecin y voit « un point positif ».
« Nous avons expliqué les quatre conditions qui, pour nous, peuvent être rapidement mises en œuvre afin de rouvrir les urgences. » Et d’abord, « créer des postes de praticiens, de pédiatres. Il y a des pédiatres disponibles qui permettraient de sécuriser la garde. Maintenir la puéricultrice à l’accueil des urgences, qui a des missions transversales. Passer les médecins en temps continu – ça, c’est une mesure un peu technique mais qui permet de recruter plus facilement les pédiatres. Enfin, mettre en place un cadre expérimenté pour l’équipe. »
Ces quatre mesures ont été « exposées, entendues, discutées », selon Claire Ara-Somohano. « C’est ce qu’on porte, c’est ce que cette délégation porte, parce qu’on pense que ce sont des mesures accessibles. Nous ferons un compte rendu de cette délégation à l’ensemble des équipes de Voiron, mardi à 14 heures. »
Du temps est maintenant laissé à la direction générale du CHU Grenoble-Alpes, dont le Centre hospitalier de Voiron dépend depuis la fusion en 2020 : « Nous laissons la direction réfléchir à ces quatre mesures. Il n’y a pas eu d’engagement de sa part ; en revanche, madame Kittler (Anne Kittler est la directrice générale adjointe du CHU Grenoble-Alpes, NDLR) a vraiment défini le maintien de l’ouverture des urgences pédiatriques comme une priorité absolue. Nous l’avons entendu. Ça, c’est un engagement. »
Urgences pédiatriques : « Une réouverture en juin, si c’est possible »
Selon la radio Ici Isère, la situation aux urgences pédiatriques de Voiron devrait s’améliorer « d’ici fin juin, c’est notre objectif », lui a indiqué le CHU Grenoble-Alpes. Elle sera « sécurisée » en novembre prochain.
Pour Anne Kittler, interrogée par la radio publique, la fermeture des urgences pédiatriques voironnaises la nuit est une question de conjoncture : « Aujourd’hui, les urgences pédiatriques fonctionnent la nuit et le week-end avec deux présences médicales : une présence senior (10,5 équivalents temps plein) et une présence junior (idéalement 8, a minima 6, étudiants en dernière année de médecine). En lien avec la réforme des études médicales, il y a eu moins de ce qu’on appelle des stages de médecins juniors sur le territoire, et c’est ce qui a entraîné la fermeture : l’impossibilité de pourvoir cette ligne de garde médicale junior depuis le 1ᵉʳ mai et pour garantir la sécurité et la qualité des prises en charge. »
En cause, selon la directrice générale adjointe : le CHUGA n’aurait été prévenu de ce problème par la faculté de médecine et l’Agence régionale de santé « qu’un mois avant ». Ce « creux » devrait se résorber naturellement « à partir du 1er novembre », selon elle.
Pour cet été, le CHUGA lance un appel aux volontaires, ajoute Ici Isère : « Il nous manque quatre ou cinq personnes pour arriver à vraiment rouvrir les urgences », chiffre Jean-Marc Baietto, directeur délégué du pôle de pédiatrie du CHU grenoblois. « On a déjà deux ou trois touches qui sont très solides. Il nous en manque encore deux ou trois. Pour l’instant, notre objectif, c’est une réouverture, si c’est possible, en juin. »
Vincent Degrez
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