Plusieurs centaines d’élèves ont convergé jeudi matin vers l’entrée du lycée Ferdinand-Buisson, dit « la Nat’ ». Objectif : dénoncer le manque de moyens et la dégradation généralisée de l’éducation nationale. Avec, à la clé, plusieurs heures de jeu du chat et de la souris avec les policiers.
Classes surchargées, infrastructures en déshérence, aucune perspective… Les blocages de lycées se sont multipliés ce jeudi 1er octobre un peu partout en France. Et notamment à Voiron, où, selon le Dauphiné libéré, environ 300 élèves se sont réunis devant la Nat’ ce matin, rejoints par des jeunes venus de l’autre lycée public de la ville, Édouard-Herriot, ainsi que de Moirans.
Des poubelles qui flambent, un abribus explosé, des jets de pierres. En face, gaz lacrymogènes (gazeuses et bombes), matraques sorties, forte présence policière (« les 16 policiers nationaux de Voiron présents, appuyés par des renforts de la gendarmerie et des éléments de la police municipale », chiffre le DL) et 10 personnes interpellées, précise le quotidien régional, « majoritairement pour jets de projectiles envers les forces de l’ordre ».
Un témoin raconte en style télégraphique :
« Beaucoup de mobilité des manifestants.
Grenade lacrymogène vers la Nat’.
Bombes lacrymogènes un peu de partout dans Voiron.
Course-poursuite dans la ville.
Policiers casqués, certains avec bouclier.
Beaucoup de manifestants habillés de noir avec capuche et masque chirurgical.
Des jeunes, voire de très jeunes.
À la gare, jets de pierres de ballast.
Interruption des transports rail et car tant que les manifestants étaient à la gare.
Policiers et manifestants ont joué au chat et à la souris dans le centre-ville.
Entre la Nat’, la gare, la rue des Terreaux entravée par des poubelles couchées au milieu de la route.
La manif a commencé en milieu de matinée entre 10h et 11h et s’est poursuivie jusqu’à au moins 17h.
Le lycée a fermé temporairement vers midi pour rouvrir l’après-midi, pensant que les choses s’étaient apaisées, ce qui manifestement n’était pas le cas. »
Laurent Wauquiez, président (LR) de facto de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a annoncé en visio son intention de déposer et documenter 400 plaintes (une pour chaque interpellation d’élèves), en vue des comparutions immédiates qui commenceront dès ce vendredi, précise encore le DL. Et le quotidien d’ajouter que la Région planifie également la suspension des aides régionales aux lycéens arrêtés et à leurs familles : « Nous serons d’une fermeté impitoyable par rapport à ceux qui ont transformé nos lycées en scènes de guérilla urbaine », a lancé le « conseiller spécial » de la Région.
La présidentielle approchant, le candidat malheureux à la chefferie des Républicains n’est pas à une emphase martiale près. Toujours côté LR, le maire de Voiron, Julien Polat, n’a semble-t-il pas été aperçu dans les rues de la ville.
Vendredi 2 octobre, tant la Nat’ qu’Édouard-Herriot fermeront leurs portes.
Vincent Degrez

















